Turquie : Le coursier de Getir qui critiquait l’économie turque a été licencié

Turquie : Le coursier de Getir qui critiquait l’économie turque a été licencié
Okuma Süresi: 2 dakika

Un coursier, qui critiquait l’économie turque lors d’un entretien de rue, de la firme Getir, qui s’est récemment étendue à l’Europe et opère également en France, a été licencié. Alors que la firme Getir a nié les allégations selon lesquelles le coursier aurait été licencié à cause de ses propos, le débat se poursuit. L’entretien est le suivant :

« L’économie est en ruine. Je travaille quatorze heures par jour, quatorze heures ! Pourquoi ? Car il n’y a pas d’argent. Si je ne travaille pas quatorze heures, je gagnerai le salaire minimum. Quatorze heures afin de ne pas gagner le salaire minimum… Je me dis parfois « Ne te soucie pas de l’argent, prends soin de ta vie sociale. » Cette fois je n’ai pas d’argent dans ma poche ! Puis je me dis « D’accord, l’argent c’est important. Je vais travailler même si je dois travailler pendant quatorze heures. » Je travaille et ainsi je n’ai pas une vie sociale. Je rentre chez moi, je dors, je vais au travail, je rentre chez moi… Je ne vois même pas mes parents, ils dorment quand je rentre chez moi. Un robot quoi ! Je n’ai pas un but. Si une voiture me heurte et je meurs, je te jure et je suis sincère, je ne dirais pas pourquoi je suis morte, j’allais vivre. Je te jure que je ne le dirais pas. J’avais une petite amie mais elle est partie. Je n’ai pas un but. Est-ce que je suis né pour ça ? Seulement pour travailler ? »

Le journaliste lui demande à quand remonte la dernière fois qu’il est parti en vacances :

« Je n’ai pas pu partir en vacances ni cette année, ni l’année dernière, ni l’année précédente. La dernière fois que je suis parti en vacances, c’était en 2017.  L’économie était bonne jusqu’en 2014 de toute façon, ils l’ont ruinée après cette année-là. Personne ne devrait tromper personne en disant que l’économie est bonne. L’économie est horrible, elle est en ruine ! Vous savez, quand vous dites « Nous avons faim. », ils disent « Montrez votre portable. » (Lors d’entretiens de rue en Turquie, de nombreux pro-gouvernementaux, en particulier des citoyens pro-gouvernementaux de plus de cinquante ans, critiquent les jeunes qui critiquent l’économie ; pour avoir un téléphone coûteux entre les mains, et soutiennent qu’ils n’ont pas le droit de vilipender l’économie alors qu’ils ont un tel luxe.) Alors je te montre mon portable. C’est un portable de contrebande, son IMEI est fermé. Je l’ai acheté pour ₺1000. L’économie est en ruine. Le dollar est devenu tellement, l’euro est devenu tellement. (Taux de change actuels au 12 novembre : USD/TRY 9,94 ; EUR/TRY 11,38) Je n’aime pas mentir. J’avais des économies d’environ trente mille livres l’année dernière. Je voulais acheter une voiture mais je ne l’ai pas acheté l’année dernière. Cette année les voiture coûtent quatre-vingt mille, quatre-vingt-dix mille ou encore cent mille livres ! Comment l’économie est-elle bonne ?  Cette situation est appelée l’inflation, elle est appelée le pouvoir d’achat. Je pouvais l’acheter l’année dernière pour trente mille livres. Maintenant tu ne peux pas acheter une voiture toute petite. »

« Je salue mon grand-père d’ici. Il me dit « ingrat », il me dit « traitre ». Il y avait le pouvoir d’achat avant. » 

« La vie des jeunes se termine à cause des plus de soixante ans. Les jeunes sont au chômage. Les jeunes s’inquiètent pour l’avenir. Vous vous en fous si les jeunes meurent. » 

Préparé par Gökalp PAYANDA

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